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Vous vous demandez si les revenus perçus en tant qu’intérimaire sont soumis à l’impôt ? Ce guide détaille précisément l’imposition des revenus d’intérim en France, ainsi que les démarches nécessaires pour les déclarer. Nous aborderons également le fonctionnement du prélèvement à la source et la manière de déclarer vos gains correctement.
L’intérim est-il imposable en France ?
Oui, tous vos revenus d’intérim sont imposables sans exception. Le travail temporaire génère une rémunération qui doit être déclarée chaque année au fisc. Comprendre ces règles vous permet d’anticiper le montant du prélèvement qui sera appliqué.

Quels revenus d’intérim sont soumis à l’impôt
Le caractère imposable ou non de votre activité en intérim dépend de votre revenu annuel global. Chaque élément constitutif de votre rémunération est pris en compte, y compris le salaire brut de base et les différentes primes. L’ensemble forme votre revenu imposable à déclarer.
- Salaire brut de base : il est intégralement soumis à l’impôt sur le revenu.
- Heures supplémentaires et majorations : elles s’ajoutent au salaire total brut et sont donc imposables.
- Primes et avantages divers : tout complément de salaire est également assujetti à l’impôt.
La somme de ces revenus constitue votre revenu annuel de base. Si vous enchaînez les missions, l’employeur calcule les cotisations sociales sur chaque bulletin de paie. L’agence d’intérim procède alors au prélèvement à la source avant de vous verser votre salaire net.
Un intérimaire est soumis aux mêmes règles fiscales qu’un salarié en CDI. Ces revenus impliquent le paiement de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, calculé en fonction de votre situation familiale.
IFM et ICCP sont-elles imposables
L’ indemnité de fin de mission (IFM), généralement équivalente à 10 % de votre salaire total brut, est traitée comme un revenu classique et supporte le prélèvement à la source. L’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP) suit le même traitement fiscal.
Ces montants apparaissent sur votre dernier bulletin de salaire et augmentent le total à déclarer. Ils sont soumis aux retenues et prélèvements habituels. La législation est très claire sur le caractère indemnité intérim imposable.
Quel seuil pour ne pas être imposable en intérim
Le seuil de non-imposition est fixé à environ 10 700 € de revenu annuel net. En dessous de cette somme, l’ impôt sur le revenu dû est généralement nul. Cependant, il reste obligatoire de remplir votre déclaration de revenus pour l’ administration fiscale.
Cette démarche est essentielle pour bénéficier des aides sociales et crédits d’impôt auxquels vous pourriez avoir droit. Elle assure également la mise à jour de votre situation auprès des services de l’État. Si vos revenus d’intérim dépassent ce seuil, une régularisation d’ impôt sur le revenu interviendra.
Comment fonctionne le prélèvement à la source en intérim
Depuis 2019, le prélèvement à la source est directement retenu par votre agence d’intérim lors de chaque paie. Cette retenue fiscale est déduite avant le versement de votre salaire net, puis reversée à l’administration fiscale. Ainsi, le paiement de l’imposition est réparti simplement tout au long de l’année.

Taux personnalisé, neutre ou individualisé : lequel s’applique
Le prélèvement à la source intérimaire repose sur trois types de taux de prélèvement applicables selon la nature de vos missions. Le taux personnalisé se base sur vos revenus déclarés l’année précédente et s’applique généralement après deux mois dans une même agence. Pour les missions plus courtes, c’est le taux neutre qui s’applique par défaut.
- Taux personnalisé : calculé selon les revenus de votre foyer fiscal, il devient actif au bout de deux mois dans la même agence.
- Taux neutre : généralement fixé autour de 20 % pour les missions courtes, il correspond au barème d’imposition d’un célibataire sans enfant.
- Taux individualisé : particulièrement avantageux pour les couples aux revenus déséquilibrés, il permet d’alléger l’imposition du conjoint aux revenus les plus modestes.
Il est possible de conserver le taux neutre au-delà de deux mois via votre espace impots.gouv.fr. Si vous cumulez plusieurs employeurs, chaque agence appliquera le taux de prélèvement applicable directement communiqué par le fisc. Aucune démarche supplémentaire n’est donc nécessaire.
| Type de taux | Conditions d’application | Montant estimé en 2024 |
| Taux personnalisé | Plus de 2 mois cumulés, revenus déclarés | 15 à 25 % selon situation |
| Taux neutre | Missions courtes, nouveaux contrats | Environ 20 % |
| Taux individualisé | Couples avec revenus différents | Adapté à chaque conjoint |
Régularisation annuelle et variations de salaire
Votre taux de prélèvement reste fixe même si vos revenus mensuels varient considérablement. Si votre volume d’heures travaillées diminue, le prélèvement s’ajuste automatiquement de manière proportionnelle. Les éventuels écarts seront corrigés en septembre, après que vous ayez finalisé votre déclaration de revenus.
Lors de la régularisation annuelle, l’administration fiscale compare le montant de vos retenues avec l’impôt réellement dû. Un trop-perçu donne lieu à un remboursement rapide, tandis qu’un impôt insuffisamment prélevé devra être réglé. Cette étape garantit une imposition finale fidèle à votre situation réelle.
Modifier son taux en cas de changement de situation
Vous devez absolument informer les services fiscaux de tout changement personnel majeur afin d’actualiser votre taux. Un mariage, un divorce ou une naissance justifient une modification de vos données financières en ligne. Vous disposez d’un délai de 60 jours pour déclarer ces événements sur le site officiel.
Tout retard de mise à jour risque de rendre la régularisation de fin d’année plus lourde. En agissant rapidement, vous évitez les mauvaises surprises lors du bilan annuel. Vous assurez ainsi un ajustement précis de vos prélèvements à la source mensuels à votre situation financière réelle.
Comment déclarer ses revenus d’intérim aux impôts
Chaque année, entre mai et juin, vous devez effectuer votre déclaration d’impôt intérim auprès de l’administration fiscale. Cette démarche consiste à reporter l’ensemble de vos revenus d’intérim perçus au cours de l’année, y compris l’indemnité de fin de mission (IFM) et l’indemnité de congés payés (ICCP). Cette déclaration reste obligatoire, même si vous n’êtes finalement redevable d’aucun impôt.
Quelle case remplir sur le formulaire 2042
Pour déclarer vos gains issus de vos missions d’intérim, utilisez le formulaire 2042 dans la section dédiée aux traitements et salaires. Indiquez votre salaire brut total, primes comprises, dans la case 1AJ ou 1BJ selon votre statut. Les allocations chômage perçues entre deux contrats doivent être renseignées séparément, en case 1AP ou 1BP.
- Case 1AJ ou 1BJ : Saisissez le cumul de votre paie totale, incluant l’IFM et l’ICCP.
- Case 1AP ou 1BP : Indiquez les indemnités chômage reçues entre vos contrats.
- Lignes préremplies : Vérifiez attentivement les montants transmis par chaque entreprise de travail temporaire.
- Cumul des contrats : Additionnez l’ensemble de vos gains de l’année pour obtenir la somme totale à déclarer.
L’administration fiscale préremplit généralement vos données à partir des informations envoyées par vos employeurs. Il est essentiel de vérifier minutieusement ces chiffres pour corriger toute erreur éventuelle avant validation. La démarche en ligne reste indispensable, même lorsque tout semble correct.
Exemple : si vous avez perçu 15 000 € de salaire brut, 800 € d’IFM et 500 € d’ICCP sur l’année, vous devez inscrire 16 300 € en case 1AJ. Un abattement de 10 % sera ensuite appliqué sur ce revenu imposable si vous optez pour cette méthode.
Frais professionnels : forfait ou frais réels
Les intérimaires bénéficient d’une réduction d’impôt pour leurs frais professionnels. Deux options sont possibles : l’abattement automatique de 10 % ou la déduction de vos frais réels justifiés. Pour 2024, la déduction forfaitaire automatique est plafonnée à 12 710 €.
- Déduction automatique : Un abattement de 10 % est appliqué d’office, sans nécessiter de justificatif, dans la limite du plafond.
- Frais réels : Cette option permet de déduire vos dépenses professionnelles sur présentation de factures et de reçus.
- Meilleure option : Optez pour les frais réels si vos dépenses dépassent le montant équivalent à 10 % de votre salaire brut.
Si vos frais de transport ou de repas excèdent l’abattement forfaitaire de 10 %, il est avantageux de choisir les frais réels. Conservez soigneusement toutes vos preuves d’achat, car elles vous seront indispensables pour justifier vos dépenses en cas de contrôle.
Documents à conserver pour votre déclaration
Il est important d’archiver précieusement chaque fiche de paie, qui indique votre salaire net, le montant du prélèvement à la source et l’identité de votre employeur. Conservez également vos attestations de fin de mission, qui détaillent les montants bruts perçus.
Gardez ces justificatifs pendant toute la durée légale de l’imposition. Si vous cumulez plusieurs emplois, renseignez l’ensemble de vos revenus d’activité, afin de permettre le calcul correct du taux moyen d’imposition applicable à votre situation.
Foire aux questions
Quel est le salaire minimum pour ne pas être imposable en intérim ?
Pour l’année 2024, le seuil d’exonération se situe autour de 10 700 € de revenu annuel net. Si votre revenu imposable reste en dessous de ce montant, vous ne devrez rien payer une fois la régularisation du prélèvement à la source effectuée. Il est important de noter que ce montant peut légèrement varier selon votre situation familiale personnelle.
Comment est calculé mon prélèvement à la source en tant qu’intérimaire ?
Votre prélèvement mensuel est calculé directement en fonction du taux fixé par l’administration fiscale. Au début, notamment lors de missions courtes, votre agence d’intérim applique généralement un taux neutre par défaut. Après deux mois d’activité, ce taux est remplacé par votre taux personnalisé, qui s’ajuste précisément à votre situation d’imposition réelle.
Dois-je déclarer mes revenus d’intérim même si je suis en dessous du seuil d’imposition ?
Oui, absolument. Même si vos revenus d’intérim sont inférieurs au seuil, vous êtes tenu de les déclarer dans votre déclaration de revenus. Cette démarche est essentielle pour confirmer votre situation fiscale auprès de l’administration et conserver vos droits aux aides sociales. Négliger cette formalité pourrait entraîner des sanctions administratives.
