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Une mission d’intérim conclue à la semaine peut être prolongée. Mais le renouvellement d’un contrat d’intérim à la semaine obéit à des règles précises : un nombre de renouvellements limité, des formalités à accomplir avant le terme, un plafond de durée qui dépend du motif et un délai de carence avant de pourvoir à nouveau le poste. Une prolongation mal conduite expose en effet votre entreprise à une demande de requalification.
Combien de fois renouveler un contrat d’intérim à la semaine ?
La réponse tient en deux limites distinctes : un nombre de renouvellements et une durée maximale. La première se règle au niveau du contrat. La seconde dépend du motif de recours.

Une mission d’une semaine est-elle possible ?
Oui. Aucune durée minimale générale n’impose une mission d’un mois plutôt qu’un contrat d’intérim à la semaine : une mission d’intérim peut tout à fait couvrir sept jours. Le contrat de mission lie le salarié intérimaire à l’agence, son employeur juridique, tandis que l’entreprise utilisatrice l’accueille pour exécuter le travail.
La brièveté ne dispense de rien. Même pour une semaine, le recours doit reposer sur un motif temporaire autorisé (remplacement, accroissement temporaire d’activité, etc.). Une mission conclue de date à date fixe sa fin dès le départ : on parle alors de contrat à terme précis.
Deux renouvellements, sauf règle de branche différente
Selon l’article L1251-35 du Code du travail, le même contrat de mission peut être renouvelé deux fois, à défaut de stipulation conventionnelle différente. Ce chiffre constitue le régime légal par défaut, celui qui s’applique lorsque la branche reste silencieuse.
Depuis le 24 septembre 2017, la branche peut changer la donne. Une convention ou un accord de branche étendu (c’est-à-dire rendu obligatoire pour toutes les entreprises du secteur) applicable à l’entreprise utilisatrice peut fixer un nombre maximal de renouvellements différent.
Attention à une lecture trop rapide : deux renouvellements ne limitent pas la mission à deux semaines supplémentaires. Chaque prolongation peut prévoir une durée déterminée plus longue que la période initiale, tant que le total reste sous le plafond applicable.
Comment compter les prolongations hebdomadaires ?
Dans le régime légal, un contrat initial de 7 jours renouvelé deux fois pour 7 jours totalise 21 jours de mission, et épuise les deux renouvellements possibles. Un avenant qui modifie seulement un élément administratif, sans repousser la date de fin, ne constitue pas nécessairement un renouvellement du contrat. Avant de programmer des prolongations hebdomadaires, vérifiez la convention collective de l’entreprise utilisatrice : elle peut aussi modifier les règles de durée et de carence.
Comment formaliser chaque renouvellement hebdomadaire ?
Une prolongation ne se décide pas oralement le vendredi soir. Elle suppose un écrit, l’accord du salarié et un calendrier tenu. Trois exigences structurent donc la démarche : le support juridique, le respect de l’échéance et la coordination entre les deux contrats de l’intérim.

Prévoir les conditions dans le contrat ou un avenant
Selon l’article L1251-35-1 du Code du travail, les conditions de renouvellement figurent soit dans le contrat de mission initial, soit dans un avenant soumis au salarié avant le terme initialement prévu. Concrètement, trois règles s’appliquent :
- Clause initiale suffisante : si le contrat prévoit déjà les conditions de renouvellement, aucun avenant supplémentaire n’est nécessaire pour prolonger la mission dans ce cadre.
- Accord du salarié : l’intérimaire doit consentir à la prolongation, que l’entreprise utilisatrice ne peut pas lui imposer.
- Écrit obligatoire : une demande orale du responsable sur site ne suffit pas à formaliser le renouvellement.
Respecter la date de fin prévue
Prenons une mission prévue du 2 au 8 novembre 2026. Les conditions de renouvellement ou l’avenant doivent être soumis au salarié avant la fin du 8 novembre ; la période convenue peut alors commencer le 9. Attendre la reprise du lundi suivant pour régulariser une prolongation déjà entamée ne respecte pas ce calendrier.
D’où une répartition claire des rôles chaque semaine. L’entreprise utilisatrice contrôle le besoin temporaire, le motif, la durée cumulée, les dates et les heures. L’agence valide ensuite le renouvellement et le formalise avec le salarié avant le terme du contrat.
Coordonner les contrats et les formalités
L’entreprise de travail temporaire signe deux contrats : un contrat de mission avec le salarié et un contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice. La prolongation concerne les deux. L’avenant peut préciser le contrat initial, le motif, la nouvelle date de fin, la durée ajoutée, la rémunération ainsi que les mentions du poste, du lieu ou des horaires lorsqu’elles changent, un suivi que structure la gestion administrative du personnel chez AZUR INTERIM.
Pour les intérimaires détachés dans le BTP, la carte d’identification professionnelle est valable 5 ans depuis le 1er avril 2024. Encore valide, elle doit néanmoins être mise à jour avant tout nouveau détachement avec le numéro de la nouvelle déclaration SIPSI, l’une des formalités préalables au détachement de salariés.
Quelle durée totale la mission peut-elle atteindre ?
Respecter le nombre de renouvellements ne suffit pas. La mission doit aussi rester sous un plafond de durée, qui varie selon la raison du recours. Les deux contrôles se cumulent.
Additionner la mission initiale et ses renouvellements
La durée totale du contrat additionne la période initiale et toutes ses prolongations. Sauf règle conventionnelle différente, les plafonds de référence sont les suivants :
- Remplacement d’un salarié absent : 18 mois, renouvellements compris.
- Accroissement temporaire d’activité : 18 mois, renouvellements compris.
- Travaux urgents de sécurité : 9 mois.
- Attente d’un salarié recruté en CDI : 9 mois, jusqu’à son entrée en service.
| Motif de recours | Plafond de référence |
| Remplacement d’un salarié absent | 18 mois |
| Accroissement temporaire d’activité | 18 mois |
| Emploi saisonnier | 18 mois (fin de saison si terme imprécis) |
| Travaux urgents de sécurité | 9 mois |
| Attente d’un salarié recruté en CDI | 9 mois |
| Commande exceptionnelle à l’exportation | 24 mois |
| Mission exécutée à l’étranger | 24 mois |
| Remplacement avant suppression définitive du poste | 24 mois |
Tenir compte du motif et du type de terme
Certains motifs ouvrent un horizon plus long. Le tableau ci-dessus en précise les plafonds, jusqu’à 24 mois.
Le type de terme compte aussi. Dans les cas autorisés, notamment certains remplacements, un contrat sans terme précis fixe une durée minimale et prend fin lorsque l’événement prévu se réalise, le retour du salarié remplacé, par exemple. Cette formule n’est pas prévue pour l’accroissement temporaire d’activité.
Distinguer la souplesse du renouvellement
Pour une mission à terme précis, la période de souplesse permet d’avancer ou de reporter la date de fin à raison de 1 jour pour 5 jours de travail. Ce glissement ne compte pas comme un renouvellement supplémentaire.
Pour une mission de moins de 10 jours de travail, le cas typique d’une mission hebdomadaire —, la souplesse atteint 2 jours. Elle ne peut en aucun cas faire dépasser la durée maximale applicable.
Quel que soit l’aménagement retenu, la rémunération suit des règles fixes du travail temporaire. Selon l’article L1251-18 du Code du travail, elle ne peut être inférieure à celle prévue au contrat de mise à disposition. L’indemnité de fin de mission atteint en principe 10 % de la rémunération totale brute due, sauf exception légale.
Que faire après le dernier renouvellement ou un refus ?
Une fois les renouvellements épuisés, ou si le salarié décline la prolongation, le contrat s’achève. La question devient alors : quand et comment pourvoir à nouveau le poste ? Le délai de carence fournit la première réponse.

Calculer la carence sur le même poste
Après la fin de mission, le délai de carence, période pendant laquelle le poste ne peut pas être pourvu par un nouveau contrat temporaire, s’attache au poste dans l’entreprise utilisatrice, non à la personne. Changer d’intérimaire ne suffit donc pas à l’écarter.
Sauf exception ou règle conventionnelle différente, un contrat terminé ayant duré moins de 14 jours calendaires, renouvellements compris, entraîne une carence égale à la moitié de cette durée.
Au-delà, le calcul change. Un contrat d’au moins 14 jours calendaires impose une carence égale au tiers de sa durée : les 21 jours d’une mission hebdomadaire renouvelée deux fois donnent ainsi en théorie 7 jours d’ouverture de carence.
Distinguer nouveau contrat et prolongation
Signer un nouveau contrat après l’expiration du précédent n’équivaut pas à un troisième renouvellement automatique : cela crée une succession de contrats d’intérim, soumise à la carence. Le régime général écarte toutefois celle-ci en cas de nouvelle absence du salarié remplacé, pour certains emplois saisonniers ou d’usage et pour des travaux urgents de sécurité.
Une confusion fréquente mérite d’être levée. Les 18 mois souvent cités désignent une durée maximale de mission commune à plusieurs motifs, et non un délai général de carence entre deux contrats.
Traiter le refus du salarié
Si le salarié refuse le renouvellement, le contrat se termine simplement à la date prévue. Ce refus ne vaut ni démission ni rupture anticipée. Selon l’article L1251-37-1 du Code du travail, il peut même écarter la carence pour la durée du contrat non renouvelé.
Côté salarié, le refus du renouvellement d’un contrat d’intérim ne fait pas perdre automatiquement les droits au chômage. Leur ouverture dépend des conditions d’indemnisation et de la qualification donnée à la fin du contrat.
Quels risques en cas de renouvellement irrégulier ?
Un renouvellement mal formalisé n’est pas une simple négligence administrative. Il peut transformer une mission temporaire en contrat à durée indéterminée, voire engager la responsabilité pénale de l’entreprise utilisatrice. Trois foyers de risque appellent votre vigilance.
Éviter une prolongation tardive
La chronologie est le premier piège. Trois situations exposent l’entreprise :
- Signature après le terme : un renouvellement formalisé après la date de fin constitue une irrégularité contractuelle, que la signature tardive ne régularise pas de façon fiable pour la période déjà travaillée.
- Travail sans contrat : selon l’article L1251-39 du Code du travail, un salarié qui continue à travailler après la mission sans nouveau contrat de mise à disposition ni contrat de travail est réputé lié à l’entreprise utilisatrice par un CDI.
- Confusion des échéances : le contrat de mission initial doit être transmis au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant la mise à disposition, une échéance distincte de celle du renouvellement.
Prévenir la requalification en CDI
Dépasser le nombre de renouvellements, la durée maximale ou les conditions de recours au travail temporaire peut exposer à une demande de requalification. L’article L1251-40 du Code du travail permet alors au salarié intérimaire de faire valoir auprès de l’entreprise utilisatrice les droits attachés à un CDI, avec effet au premier jour de la mission.
Le seul retard de transmission du contrat de mission n’entraîne pas automatiquement cette requalification. Il peut toutefois ouvrir droit à une indemnité à la charge de l’employeur, plafonnée à 1 mois de salaire.
Vérifier la réalité du besoin temporaire
L’article L1251-5 du Code du travail interdit d’utiliser l’intérim pour pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice. Répéter le motif d’accroissement temporaire d’activité dans des contrats hebdomadaires ne suffit pas : l’inspection du travail ou le juge peut contrôler la réalité du besoin.
La sanction est pénale. Selon l’article L1255-4 du Code du travail, ce recours abusif est puni de 3 750 € d’amende. En cas de récidive, la peine atteint 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende.
Foire aux questions
Peut-on changer de poste ou de motif lors d’un renouvellement ?
Un véritable changement de poste ou de motif ne se traite pas comme un simple report de la date de fin. Il faut examiner si un nouveau contrat est nécessaire et s’il est légal au regard des règles du recours à l’intérim.
Chaque renouvellement hebdomadaire d’un intérimaire détaché depuis la Roumanie impose-t-il une nouvelle déclaration SIPSI ?
Pas automatiquement : un avenant de renouvellement ne déclenche pas à lui seul une nouvelle déclaration. La déclaration initiale ne couvre pas pour autant toute modification. Examinez notamment la durée, le lieu, la nature de la prestation, l’identité des intervenants et les autres changements de situation.
L’indemnité de fin de mission est-elle due à la fin de chaque semaine renouvelée ?
Non. Le renouvellement d’un même contrat ne déclenche pas d’indemnité de fin de mission à chaque semaine intermédiaire. Elle n’est notamment pas due lorsque l’entreprise utilisatrice embauche immédiatement le salarié en CDI à la fin de la mission.
Quel délai de carence après une mission d’une semaine ?
La formule légale donne en théorie 3,5 jours de carence pour une mission de sept jours calendaires, et environ 4,67 jours pour 14 jours. La durée du contrat se compte en jours calendaires, la carence en jours d’ouverture de l’établissement utilisateur, avec les règles d’arrondi applicables.
Modifier l’intitulé du poste permet-il d’éviter le délai de carence ?
Non. Seul un poste réellement différent peut modifier l’analyse de la carence. Un nouveau contrat ne doit jamais servir artificiellement à contourner la limite de renouvellement, le délai de carence ou l’interdiction de pourvoir durablement un emploi permanent.
